Corée – Le Hangul un alphabet simple pour lutter contre l’illettrisme…

(Source Monde Diplomatique – Manière de voir – Xavier Monthéard – Janvier 2019)

L’alphabet coréen apparaît au milieu du XVe siècle dans une période d’effervescence culturelle. C’est en effet sur la péninsule que les premiers livres imprimés avec des caractères mobiles en métal ont vu le jour, quelques décennies plus tôt, avant l’«invention» de Johannes Gutenberg donc. Si des spécialistes décèlent dans la conception de cet alphabet autochtone l’influence de l’écriture phagspa, en usage dans l’Empire mongol de Kubilai Khan, ils reconnaissent que son créateur officiel, le roi Sejong, a mis au point un système original et adapté à la langue coréenne. Mais la résistance des lettrés, qui utilisaient le chinois classique depuis un millénaire, stoppa sa diffusion. Ce n’est qu’en 1894 qu’il fut adopté comme écriture nationale… juste avant que la colonisation japonaise (1910-1945) bloque un temps son emploi.

De nos jours, les deux États de la péninsule usent de la même écriture. Celles-ci se distinguent néanmoins par leur rapport aux caractères chinois. Le Nord les a supprimés dès 1949, avec la claire conscience que la généralisation d’un alphabet permet de faire sortir rapidement une population de l’illettrisme. Dernier-né des 23 écritures officielles en usage dans le monde, l’alphabet coréen réunit sur Internet la diaspora de Chine, des États-Unis, du Brésil ou encore du Kazakhstan. Et, conséquence de l’influence culturelle de la Corée du Sud, il a même été adopté par des tribus des îles Salomon en 2012…

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