Corée – Ce que l’on a appris… quelques repères historiques

(Inspiré de la chronologie de Olivier Pironet – Monde Diplomatique – Manière de voir – janvier 2019)

La Corée, un peu ple continuellement colonisé, des militants qui luttent pour leur indépendance de génération en génération.

Depuis 1876, le Japon a des vues sur la Corée. D’abord avec un traité «_d’amitié_» puis par des guerres avec la Chine d’abord puis la Russie, il étend son influence jusqu’à obtenir le protectorat puis l’annexion en 1910. La péninsule prend alors le nom nippon de Chosen. L’abdication de du roi Sunjong signe la fin de la monarchie coréenne.

Le Japon occupe alors la Corée et vise son assimilation dans l’Empire. Comme dans toute occupation, collaboration et résistance se mettent en place. En 1919, le 1er mars, à Séoul, 500 000 personnes manifestent pour l’indépendance du pays. La répression fait plusieurs de milliers de morts. (voir article plus loin). Dix ans plus tard, le 3 novembre, Ce sont des dizaines de milliers d’étudiants coréens qui défilent à Kwangju contre l’impérialisme japonais. Le 4 juin 1937, à la tête de la guérilla communiste anti-japonaise, Kim Il-sung défait les forces coloniales stationnées à Pochonbo, près de la frontière sino-coréenne.
Mais le Japon affermit son emprise par des décrets d’assimilation_: interdiction de l’enseignement du coréen et de l’histoire du pays à l’école, remplacement des patronymes coréens par des noms de famille en japonais, mise en place du culte nippon du shinto, interdiction des revues et journaux coréens.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les résistants en exil forment les Forces coréennes libres en Mongolie-Intérieure alors que plus de 250 000 Coréens sont mobilisés dans l’armée ainsi que des dizaines de milliers de Coréennes qui servent d’esclaves sexuelles dans des bordels pour que les soldats soient sûrs de ne pas attraper de maladie… Ces femmes seront cyniquement appelées «_femmes de réconfort_». Ces crimes de guerre ne sont toujours pas reconnus par le Japon…

La capitulation du Japon marque la fin de la colonisation japonaise. La Corée est divisée à la hauteur du 38e parallèle en deux zones administrées, au Nord, par les Soviétiques et, au Sud, par les États-Uniens.
Chasses aux communistes au Sud, chasse aux collabos au Nord, la guerre civile fera beaucoup de morts dans les décennies qui vont suivre…

Au Sud la colonisation japonaise est donc remplacée par la colonisation États-Unienne. Les collaborateurs d’hier trouvent des places de choix dans le nouveaux système. Mais les militants poursuivent la résistance et en 1948 d’avril à octobre aura lieu le Soulèvement des habitants de Cheju. Le gouvernement fait alors tirer sur la foule et il y aura entre 20 000 et 60 000 tués, selon les sources.

1950, la République populaire démocratique de Corée tente de libérer le sud du pays, c’est le début de la guerre de Corée. Les États-Unis profitent de la politique de la chaise vide de l’URSS, qui n’admet pas que la République Populaire de Chine ne soit pas reconnue, et obtient un mandat de l’ONU pour lancer contre-attaquer. Les États-Unis se retrouvent à la tête d’une coalition d’une vingtaine de pays (dont la France). L’URSS et la Chine entrent en guerre à leur tour. En trois ans, cette guerre aura fait plus de morts que la guerre du Vietnam en 16ans, entre 2,5 et 4 millions de morts. Pyongyang est détruite 80_%, on y compte une bombe par habitant, ils étaient 400 000. Le déversement de 30 000 tonnes de napalm sur la Corée du Nord par l’armée états-unienne constitue un traumatisme durable. L’armistice signée établit une frontière très similaire à celle de départ. Aucune paix n’est conclue.

Au sud, les années 60 et 70 sont marquées par la démission de Rhee, mis en place par les USA en 1948, sous la pression de manifestations étudiantes et l’arrivée au pouvoir du dictateur Park Chung-hee qui restera au pouvoir jusqu’à son assassina avec l’aval des USA en 1979. Nombreuses sont les arrestations, tortures et exécutions de militants dans ces années-là. Mais la lutte continue. À l’image de Jeon Tae-Il ouvrier, militant des droits des travailleurs, qui s’immole par le feu à l’âge de 22 ans le 23 novembre 1970. Dans les deux décennies qui suivront ce sont quarante militants qui suivront son exemple_!
En 1972, Park obtient les pleins pouvoir et instaure la loi martiale qui ne sera levée qu’en 1987_! (Ça aurait certainement fait mauvais effet pour les Jeux Olympiques de 1988…)

Début 1980, l’assassina de Park et l’élection de Carter aux USA soulèvent un espoir démocratique et une vague de contestations étudiantes traverse les grandes villes. La répression fait des centaines de morts. Mais à Kwangju, le 18 mai, les habitants refusent de rentrer chez eux, s’arment et repoussent les militaires. Inspirés par la Commune de Paris, ils tenteront de construire une autre manière de vivre, mais après un répit de cinq jours, l’armée écrase totalement la révolte avec l’aval des USA le 27 mai. Cet événement, dont on célèbrera les quarante ans l’année prochaine, a donné un élan aux militants de toute l’Asie qui a couru sur toute la décennie.

Il y aura quelques moment de répit pour les militants comme lors de l’élection de l’ex-dissident et opposant historique Kim Dae-jung de 1997 à 2003 et depuis 2016 avec la chute de Park Geun-hye, fille de l’ex-dictateur Park Chung-hee, destituée pour corruption et condamnée à 24 ans de prison.

Séparation, rapprochements et éloignements,
à quand la réunification ?

Depuis 1948, de multiples rapprochements et éloignements ont lieu au fil des ans en fonction des dirigeants Nord-Coréens, Sud-Coréens et… États-Uniens. Une chose est sûre rien ne pourra se faire tant que les USA ne quitteront pas le territoire coréen.

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