Corée – Il y a 100 ans, le Mouvement du 1er mars, un soulèvement du peuple pour l’indépendance

Par ce soulèvement, notre peuple a prouvé au monde entier que les Coréens sont fort attachés à leur indépendance, ne voudront jamais être des esclaves sous un joug étranger, qu’ils ne craignent aucun sacrifice pour libérer leur pays.
Kim Il-sung, A travers le siècle, Mémoires, t. 1,
Editions en langues étrangères, Pyongyang, RPDC, 1992

(source amitieefrancecoree.org)

En 1910, après cinq ans de « protectorat » japonais, la Corée est annexée par l’Empire du Japon. Le Japon exerce alors une administration militaire qui se caractérise par un pillage économique et culturel de la Corée, accompagné d’une répression accrue. La colère et la rancœur des Coréens ainsi colonisés finit par éclater le 1er mars 1919.

Le soulèvement populaire est préparé depuis la fin de 1918 par des religieux, chondoïstes, chrétiens, bouddhistes, par des intellectuels et par des étudiants. Le 1er mars 1919, à Pyongyang comme à Séoul, des centaines de milliers de citadins se réunissent pour écouter la lecture d’un Manifeste de l’indépendance et défiler au cri de « Vive l’indépendance de la Corée! » Malgré la répression, le soulèvement finit par gagner tout le pays et les communautés coréennes d’outre-mer, en Mandchourie, à Shanghai, dans l’Extrême-Orient russe, à Hawai, etc… D’abord pacifiques, les manifestations prennent progressivement l’allure de révoltes quand sont attaqués des établissements de l’administration japonaise. Les Japonais doivent même faire venir du Japon six bataillons d’infanterie en renfort pour mater l’insurrection.

Le soulèvement dure jusqu’à la fin de 1919, mobilisant des millions de Coréens. Sa répression par les forces japonaises donne lieu à un véritable carnage. Selon des statistiques partielles, le nombre de Coréens tués au cours des trois premiers mois du Soulèvement du Premier Mars s’élève à plus de 7.500, le nombre de blessés, à plus de 15.000 et le nombre de prisonniers à plus de 46.000. La plupart des blessés mourront et un grand nombre de détenus seront exécutés.

Malgré son échec apparent, le Soulèvement du Premier Mars marque une nouvelle étape dans le développement du mouvement de libération nationale en Corée, montrant la voie d’une lutte armée qui aura finalement raison de l’occupation japonaise le 15 août 1945. Il donne aussi naissance au « gouvernement provisoire de Shanghai » dont le dernier président, Kim Ku, un des acteurs du soulèvement, sera tué sur ordre de la police secrète sud-coréenne en 1949. Enfin, ce soulèvement contraint les Japonais à substituer, pour la forme, une administration civile à leur administration militaire de la Corée. En 1919, le comte Hasegawa Yoshimichi, gouverneur-général de Corée, qui reconnaît avoir perdu le contrôle de la situation, est remplacé par le vicomte Saito Makoto, objet d’une tentative d’assassinat par l’anarchiste Kim Won-bong deux ans plus tard.

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