13/10/2019 – SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE ÉQUATORIEN !!!

« On ne peut pas être indifférent à ce qui se passe ailleurs dans le monde parce que la victoire de n’importe quel pays contre l’impérialisme est notre victoire, tout comme la défaite de n’importe quel pays est notre défaite. »
Ernesto Che Guevara

Des émeutes secouent l’Équateur depuis quelques jours. Ces émeutes regroupent différentes forces sociales : communautés indigènes, syndicats, paysans, ouvriers, petite-bourgeoise urbaine. Elles se sont jointes pour plusieurs jours de grève et de manifestations massives pour protester contre la hausse spectaculaire des prix du carburant (+100% pour le diesel, 24% pour l’essence) suite à l’annulation des subventions des carburants. Cette une hausse des prix du carburant s’est répercutée sur tout ce qui a besoin de carburant pour sa production, sa logistique ou sa distribution, à commencer par les transports, les biens de consommation, la nourriture, la santé, etc.

En réalité, la hausse du prix du carburant, conséquence d’un accord passé le 1er octobre par le président Moreno avec le FMI en échange d’un prêt, n’est que la goutte d’eau qui fait déborder le vase et a abouti à 12 jours de grève générale… Depuis son investiture, Lenin Moreno, succédant à Rafael Correa et à la « révolution citoyenne », a opéré un revirement à 180° et a mis en place des mesures d’austérité, baissant les budgets des programmes sociaux ainsi que les salaires du secteur public, augmentant de fait le coût de la vie. Cela a eu un impact négatif sur les conditions de vie de milliers de travailleurs équatoriens.

Moreno affirme que ces mesures sont essentielles pour résoudre la dette de 3,6 milliards de dollars contractée par l’Équateur, en insistant sur le fait que tout le monde doit faire des sacrifices pour le pays – tout le monde, sauf les plus riches, à qui Moreno a supprimé l’impôt sur la fortune et a fait de nombreux cadeaux en étant le fer de lance de politiques contre les travailleurs. Le soulèvement actuel est le résultat de plusieurs années de frustration dues au néolibéralisme de Moreno ainsi qu’à l’ingérence étrangère. Les mobilisations contestent frontalement l’autorité du FMI, responsable de l’austérité, des phénomènes autoritaires et de la violence dans le « Sud » global et au delà.

Alors tout à commencé par la grève nationale des transports le 3 octobre. Ce qui a amené les leaders indigènes, le 4 octobre, à appeler à une marche vers Quito, la capitale du pays qui se trouve dans les montagnes. La marche est arrivée le 7, Moreno a alors décrété l’état d’urgence et, dans la panique, le gouvernement s’est réfugié à 250km, sur la côte, dans la capitale économique, Guayaquil, la ville bastion de la droite et de la bourgeoisie équatorienne, le 7 octobre.

Au cours des jours suivant, les manifestants ont envahi l’Assemblée Nationale, incendié le bureau du contrôleur général et ravagé le bâtiment du Parlement en brisant les fenêtres et en jetant des meubles dans la rue. Ils ont également bloqué toutes les routes menant à l’aéroport international de Quito et tenté de prendre la télévision privée Teleamazonas et le journal El Comercio. Trois puits de pétrole sont bloqués en Amazonie, baissant ainsi de 12% la production. Il faut savoir que l’Équateur est exportateur de pétrole, cela représente donc une grosse pression économique.

Moreno a annoncé l’instauration d’un couvre-feu et la «militarisation» de Quito, à partir de 3h de l’après-midi. « Cela facilitera l’utilisation de la force publique face à un excès intolérable de violence », a-t-il déclaré sur Twitter. Les forces armées de l’Équateur ont également annoncé samedi soir que les déplacements dans le pays seraient limités pendant 24 heures.

Après que le pays ait perdu plus de 1 milliard de dollars à cause des grèves, le président a finalement accepté d’évaluer l’annulation des subventions des carburants et proposé d’entamer des pourparlers avec les responsables de la manifestation pour régler la crise. Ils ont accepté son invitation. L’une des conditions était que les discussions se déroulent en public et soient retransmises en direct. « Nous n’allons pas discuter à huis clos. Cela doit être avec le peuple équatorien », a déclaré l’un des dirigeants de la manifestation.

Ce dimanche 13 octobre, Moreno a proposé à la Confédération des nationalités autochtones de l’Équateur (Conaie) de créer des commissions chargées de préparer un nouveau document qui remplacera le décret 883.

Selon des sources gouvernementales, cinq personnes ont été tuées, dont un leader indigène, et plus de 1300 blessées dans des affrontements depuis le 3 octobre. La police a arrêté plus de 1 500 manifestants. Telesur et les medias qui contredisent l’État sont censurés.

Et pour les anglophones :

Sources :

 

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