29/08/2017 – Soutien à Fred – Appel à témoins – Manif du 5 juillet 2016

Appel à témoin

Fred est l’un des inculpés du 49.3, vidéaste engagé sur tous les fronts (notamment sur la ZAD de Sivens et Nuit Debout), il fait partie de ceux qui ont été arrêtés le 5 juillet 2016 et inculpés pour des motifs fallacieux. Tous les autres inculpés ont été relaxés.

Fred, lui, après que son procès ait été reporté trois fois, a finalement été condamné à 4 mois de prison fermes malgré les 5 témoins et les vidéos qu’il a présentés (Lire le récit du procès ci-dessous). C’est pour cela qu’il recherche d’autres témoignages de ce jour-là pour son procès en appel qui aura lieu le 20 octobre 2017.

Voilà son petit mot :

Salut à tous !

Après mon procès du 7 février qui a été reporté trois fois j’ai finalement été condamné à 4 mois de prison ferme. Les 5 témoins et les vidéos que j’ai fournis au tribunal n’ont pas suffi pour me faire acquitter. J’ai donc besoin d’aide, que ce soit de témoignages, de vidéos, de photos du 5 juillet 2016 devant l’Assemblée nationale. Si vous y étiez ou si vous connaissez des gens qui étaient là ce jour-là, j’ai besoin de plus de témoignages, de plus de vidéos et de plus de photos possible pour prouver mon innocence. Si vous pouvez m’aider, merci de me contacter ou de contacter mon avocat Adrien Mamère. Cela pourrait m’aider pour mon appel le 20 octobre 2017. Si vous pouvez faire diffuser cette vidéo un maximum pour que je puisse avoir un maximum d’aide je vous en remercie.

Pas de justice, pas de paix !

Son contact via sa chaîne Youtube : Fred Mercure

Récit du procès

Source L’Humanité – 8/02/2017 – Kareen Janselme

Malgré un dossier vide, quatre mois fermes ont été requis mardi contre un vidéaste indépendant présent lors d’un rassemblement contre la loi travail.

« Ce dossier est vide, assure maître Adrien Mamère, l’avocat de la défense. Il n’y a pas d’éléments qui corroborent les déclarations des policiers. » Et pourtant, mardi, le ministère public a requis, droit dans ses bottes, quatre mois de prison ferme à l’encontre de Frédéric, un vidéaste indépendant qui publie sur Internet des films de manifestations sociales et écologiques depuis quatre ans. L’avocat des parties civiles, lui, s’est contenté de demander des dommages et intérêts autour des quatre chefs d’inculpation : outrage, menace de mort, crachat et rébellion lors de l’interpellation, le 5 juillet 2016, par des CRS à Paris. Ce jour-là, perché sur le parapet du pont de la Concorde, Frédéric filmait une centaine de protestataires réunis face à l’Assemblée nationale. Une manifestation non autorisée contre l’usage de l’article 49-3 pour imposer la loi travail.

« Monsieur nous a insultés une partie de l’après-midi », accuse l’un des deux policiers qui ont porté plainte et rédigé les procès verbaux de l’interpellation. « La foule était dense, son comportement a été signalé mais on l’a laissé pour éviter que ça ne dégénère. » L’homme aurait aussi craché sur les CRS, bien qu’il ait été posté « à cinq mètres » d’eux, selon leurs dires. Une distance peu réaliste pour un jet de salive… Face aux déclarations des policiers, Frédéric nie les faits, tout comme les cinq témoins invités à s’exprimer à la barre du tribunal correctionnel de Paris. Le 5 juillet, quatre heures après le début du rassemblement, à 21h23, alors que le jeune homme est descendu du rebord du pont pour partir, il sera interpellé « pour que la fin de la manifestation se passe dans le calme », selon le policier. Le rassemblement apparaît pourtant paisible comme le démontre de nombreuses vidéos projetées lors du procès.
Les images produites par la défense n’ont pas été prises en compte

Mariana Otero, cinéaste reconnue, a filmé l’arrestation de Frédéric, quelques heures après avoir été elle-même interpellée dans ces lieux. Des CRS avaient voulu se saisir de sa caméra affirmant qu’elle n’avait pas le droit de filmer une manifestation non autorisée. N’ayant aucun argument valable, le commissariat la relâchera très rapidement, lui rendant son matériel.

Ce ne sera pas la première caméraman ou photographe que les CRS tenteront d’écarter ce jour-là. Un journaliste de Buzzfeed en fera également les frais. Tout comme Frédéric. De retour sur le pont de la Concorde, Mariana Otero a donc aperçu Frédéric se faire traîner à terre par deux CRS. Elle va enclencher sa caméra : à aucun moment, on n’y voit le garçon se rebeller, se débattre, ni même injurier les « forces de l’ordre ». « C’était très choquant de voir traîné quelqu’un comme un sac de viande, c’est pour cela que j’ai filmé », témoigne la réalisatrice. Frédéric disparaît derrière un camion d’une brigade, les CRS empêchant toute visibilité avec leurs boucliers. C’est là, affirme-t-il, qu’il a été matraqué. Les médecins constateront diverses contusions dont une importante à la tête. Cela lui vaudra une journée d’incapacité totale de travail. Pour les policiers, le prévenu s’est lui-même frappé au visage arrivé au commissariat…

Avant d’être arrêté, Frédéric a filmé un autre jeune homme le visage en sang, maintenu à genoux par deux CRS, après que ceux-ci se sont brusquement introduits dans la nasse pour le récupérer. Frédéric a commenté ses images en direct et lâché aux hommes en tenues : « Un jour, c’est vous qui serez à genoux ». Des propos qui ont été traduits comme « des menaces de mort » par la procureure, qui a requis quatre mois de prison ferme contre le réalisateur. Un réquisitoire sans nuance, à charge, reposant exclusivement sur les procès verbaux des policiers et ne prenant pas en compte les images et témoignages produits par la défense.

Sept mois après les faits, trois reports de procès plus tard, le délibéré sera rendu le 7 mars. Avec une possibilité d’emprisonnement.

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