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Spartacus 

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Je reviendrai 
et je serai des millions
Spartacus

Deux mil soixante douze années
Avant ce jour où deux avions,
A New York, se sont écrasés
Détruisant deux tours en béton
Et qu'on oublie brutalement
Devant l'horreur télévisée
Que la guerre était déclarée
Depuis longtemps, sournoisement.
Le monde était, en ce temps-là,
Entièrement, tout à fait plat.
Un empire régnait sur l' homme.
Son nom, vous le savez, c'est : Rome...
 

71 ans avant JC, tout est calme, le soleil brille ce matin. L'ordre est revenu à Rome. L'armée d'esclaves menée par le gladiateur Spartacus est anéantie.
L'empire sort grandi de cette victoire ; c'en est fini de la terreur.
Nos jeunes et insouciants amis : Claudia, Helena et caïus sont en route pour Capoue afin de profiter de la paix retrouvée.
La voie Appienne est jonchée des 4672 croix sur lesquels ont été crucifiés les révoltés pris vivants mais elle est aussi l’occasion de rencontres édifiantes sur la société romaine. 
Un mendiant, un négociant, un grand politicien, un philosophe et le général qui a écrasé Spartacus sont de ces rencontres. 
Et ceux que l’on ne rencontre jamais, que l’on ne voit pas : les esclaves sont bien présents. Partout. A chaque instant. A toutes les tâches. 
Et si chacun se veut certain qu’ils ont été définitivement soumis, une phrase hante les esprits :

"Je reviendrai et je serai des millions..."
 

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Ville d'Aubervilliers   si lien mort (ICI)

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Nova Magazine
Théâtre
GENERATION SPARTACUS
Depuis dix-neuf ans, les artistes de la compagnie Jolie Môme font du théâtre un acte politique, dans une démarche collective et équitable: salaire égal, contribution de chacun à l'écriture du texte, à la création des costumes, des décors, de la musique… Qu'ils reprennent des textes ( la Crosse en l'air de Jacques Prévert) ou qu'ils en écrivent ( Barricade, sur la Commune de Paris), la troupe lutte pour ses idées, dans les rues de Paris le dimanche, ou dans les manifs sous un drapeau rouge aux côtés des sans- logis, sans- papiers, sans -travail et salariés en lutte. L'an passé, ils accompagnèrent les grévistes de McDonald, créant avec eux une chanson (McDo, McStrike) et un cabaret Mc Grève. Le 28 octobre 2001, quand les Etats-Unis bombardaient l'Afghanistan, ils montèrent un "cabaret d'urgence contre la guerre". Si le spectateur ressort avec le sourire banane et l'envie de militer, c'est parce que Jolie Môme lui permet de s'approprier les luttes passées. 
Leur nouveau spectacle, Spartacus, Je reviendrai et je serai des millions, permet au spectateur de promener sa réflexion d'une époque à l'autre. De la révolte des gladiateurs au temps de la Rome antique, à l'empire qui règne aujourd'hui sans partage, musique et dérision, couleurs vives et mots percutants apportent au frisson esthétique une vrai force militante.

Laetitia Bizmut
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Politis
Théâtre
FARCE ATTAQUE
En se moquant de la Rome antique, Jolie Môme livre une satire de notre époque. Réjouissant !
Le pouvoir s'impose comme une évidence alors qu'il est absolument ridicule. Avec son nouveau spectacle, je reviendrai et je serai des millions, Jolie Môme prend la question à bras le corps dans une farce critique du capitalisme de la Rome antique. Cette farce est d'abord un chahut d'utilité publique contre notre " Empire", mélange de pouvoirs écopolitiques, d'injonction publicitaire et de spectacle militaro-humanitaire. La troupe, aussi à l'aise sur les planches que dans la rue, ouvre une voie extrêmement intéressante et bien drôle sur ce que pourrait devenir un théâtre d'intervention politique qui aurait su traquer l'évolution autoritaire des élites.
Nous sommes dans la bourgeoisie romaine après que les légions ont écrasé le soulèvement des esclaves de Spartacus. Les gros font la foire, les esclaves rebelles sont crucifiés. Sur ce canevas historique, la troupe a écrit collectivement ( en musique et en vers s'il vous plait) une fresque sur le pouvoir à travers les âges; fresque évolutive, puisqu'elle est constamment modifiée, selon les réactions des spectateurs. Cette création politique satirique rappelle l'opérette façon Belle Hélène, l'origine du cabaret. En même temps qu'elle renoue un fil avec différentes traditions, elle nous donne l'impression d'assister à la naissance d'un genre. Par exemple, l'importance expressive accordées aux musiciens fait penser au temps de Molière, quand le théâtre n'avait pas encore accouché de l'opéra. Un projet ambitieux, gonflé même, mené avec une culture historique et un humour qui- le sait-elle?- est un fort argument militant. Plus que son autocomplaisance un peu pédante pour le prêche marxiste, qu'elle pense parfois devoir nous dispenser au détriment de l'émotion. Ainsi ses scènes de la bourgeoisie romaine ne valent pas la puissance comique et corrosive de la satire qu'elle donne de la guerre humanitaire. Mais Jolie Môme tient à affirmer que le théâtre n'est pas qu'un lieu de divertissement, il est aussi un média engagé, et un lieu d'apprentissage. Joué drôle et juste par des comédiens qui osent encore " en faire trop pour en faire juste assez". Avec des passages vifs et surprenants. L'intervention du show-biz humanitaire dans les bombardements en constitue le surprenant morceau de bravoure, où la grimace de la société de la télé apparaît et se transforme dans la vague de rires qui emporte le public. Armes de rire qui valent bien le petit coup de pouce qu'on doit se donner pour sortir le soir dans ce poétique coin du bois de Vincennes.

David Langlois-Mallet
Politis, jeudi 21 novembre 2002.


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Rouge
THEATRE MILITANT
Le nouveau spectacle de la compagnie Jolie Môme est certes une pièce de théâtre très réussie- tant sur le plan des textes que sur celui de l'interprétation- mais c'est aussi autre chose. "Un acte, parmi d'autres, de mobilisation contre l'impérialisme" comme le dit Loïc Canitrot, le responsable des relations publiques d'une compagnie dont les comédiens et le directeur artistique viennent discuter avec les spectateurs, sitôt la représentation terminée.
Spartacus, Je reviendrai et je serai des millions… est né des souvenirs de môme du directeur artistique. Quelques longues années après avoir vu Spartacus de Stanley Kubrick, Michel a eu l'idée de ce nouveau spectacle, qui s'inscrit dans un "cycle", dont l'idée de base est la légitime et nécessaire rébellion. Après avoir crée Barricade- spectacle sur la Commune de Paris- joué La Crosse en l'air de Jacques Prévert et plusieurs pièces de Bertolt Brecht, Jolie Môme s'est attaquée à la plus connue des révoltes d'esclaves. Menée par le gladiateur Spartacus, elle menaça en 73 et 72 avant J.-C., le puissant empire romain.
Comme ceux qui ont travaillé sur Spartacus avant elle, la compagnie a inscrit le thème dans son époque. Tout tourne ainsi autour d'analogies, de parallèles. Celui de départ tient à un mot que l'on employait plus depuis quelques temps, impérialisme. L'impérialisme romain et celui actuel des puissances occidentales se ressemblent. L'oppression génère misère et révolte; il y a " 2072 années" comme aujourd'hui. C'est là que les deux tours entrent en scène. " Qui sème la misère récolte la colère." Autrefois, tout le monde était romain,  de force; après le 11 septembre, il nous fallait tous être étatsuniens. Michel espère, et nous avec lui: " Spartacus, aujourd'hui, ça serait une grève générale en occident, pour que , par exemple, les gamins atteints du sida en Afrique aient accès aux soins."
Jolie Môme souffle l'enthousiasme révolutionnaire. Les comédiens jouent pour nous rappeler que l'on a raison de se révolter. Et en plus, c'est drôle et beau.

Nolwenn Matthieu
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SUD OUEST
17 MAI 2003

GRADIGNAN. La compagnie Jolie Môme est de retour avec un spectacle " d'actualité antique ", un spectacle tragicomique et musical sur l'impérialisme
LES DAMNES DE LA TERRE
On le sait, c'est d'une banalité crasse, mais l'humain a la triste aptitude à oublier le passé, à ne rien apprendre de l'histoire et à reconduire sans cesse les mêmes schémas, fussent ils catastrophiques, d'un siècle sur l'autre, voire d'un millénaire à l'autre. La compagnie Jolie Môme, réputée et appréciée autant pour son activisme militant que pour son sens artistique, présente " Je reviendrai et je serai des millions ", pièce collective écrite en octosyllabes, et spectacle " d'actualité antique ".
Après la répression de la révolte de Spartacus et des esclaves, l'hégémonie romaine s'étend un peu plus sur le monde. Après le 11 septembre 2001, 2072 ans plus tard donc, nous devons tous " être américains ". Les esclaves d'aujourd'hui ne se reconnaissent pas forcément à la longueur de leurs chaînes ou aux coups de fouets qu'ils reçoivent, même si ces chaînes invisibles sont pourtant bien réelles.
" C'est un spectacle sur l'impérialisme, explique Michel Roger, responsable artistique de la compagnie, avec trois pivots, un mélange de Russie post-communiste, d'Amérique au capitalisme outrancier et d'Europe occidentale ".

SECOUER LES ESPRITS.
De la télé vautour qui se régale de morts en directs, mais se déculpabilise à grands coups de gueule poussés par des chanteurs au grand cœur, pleurant les orphelins du monde ou malades du sida, au cynisme économique ou politique, la compagnie ne baisse jamais la garde, toujours vigilante à secouer les esprits endormis ou à maintenir en éveil les plus attentifs.
Le jeu outrancier des comédiens, les parodies et la satire cinglante invitent au rire, jaune souvent, mais de bon cœur, le tout porté par une musique sur scène.
Evoluant d'une époque à l'autre grâce à une mise en scène enlevée et délirante, le spectacle fait sans cesse le parallèle entre la Rome antique et l'actualité, avec une pertinence indubitable.
" Nous bombardons avec la Déclaration des droits de l'homme, le droit à la liberté et à une sexualité libre ", " Celui qui sème la misère récolte toujours la tempête ", " Le monde est en gens misérables, une ressource inépuisable ", " Un esclave que l'on bat comme un chien vous mordra ", formules terribles qui s'inscrivent dans cette farce tragique comme des piqûres de rappel à l'humanité.
Il s'agit avant tout de bien comprendre sur quelle planète nous sommes et quels sont les enjeux d'une situation internationale où toute une partie de la population mondiale n'est pas mieux lotie qu'il y a 2000 ans. Mais, et c'est une autre aptitude de l'espèce humaine, il y a toujours un espoir et donc des luttes à mener.
Et si jamais on l'oubliait, la compagnie Jolie Môme est la pour le rappeler.
CELINE MUSSEAU


















LE POINT
grandes écoles et universités.
15 novembre 2002.

REVENEZ Y PAR MILLIONS!
La compagnie Jolie Môme croque le politiquement correct. Délirant!
Première scène: Ron Cicé, star médiatique et avocat des interventions militaires, est interviewé par Max Média, sorte de Ken reporter aux dents acérées. Baisser de rideaux. Deuxième scène. 2072 ans plus tôt, Cicéron, philosophe, se lance dans une quête d'un monde plus juste. Entre les deux scène, deux siècles marqués par l'asservissement des peuples. Le spectacle revient aux origines du mal dans la Rome antique. Déjà, un empire asservissait l'humanité en imposant sa langue (le latin, of course), sa monnaie et sa force…
" Je reviendrai et je serai des millions " est un tourbillon de sketchs, fausses pubs, joutes verbales, parodies… Si on en pleure ce n'est que de rire, avec notamment une inénarrable parodie de la chanson " We Are the World", rebaptisée " Donner l'espoir"… Une réussite que l'on doit aussi à une ribambelle de personnages hauts en couleur: Flavius, cousin caché du père Fourras, dont les talents de conteur feraient pâlir d'envie Pierre Bellemarre; Chica, esclave qui libère sa fougue sur des chansons à réveiller des banquiers repus et aussi Max média, tellement parodique en présentateur télé qu' on dirait l'original.
Vincent Edin


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Bibliographie

Spartacus d'Howard FAST 
(roman de 1952)

Spartacus d'Arthur Koestler 
(roman de 195?)

Spatacus de Badal SIRCAR,
d'après le roman d'Howard FAST, 
traduction de Philippe BENOIT 
(pièce de théâtre créée en 19??)

Spartacus, La liberté ou la mort ! 
de Marcel Ollivier 
(essai de 1929 édition Spartacus)

Spartacus de Stanley Kubrick 
(film de 196?)

Spatacus d'Eric KAHANE 
(pièce créée en 1983)

Spartacus de Jean-Paul BRISSON 
(essai de 1959)

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Accueil Compagnie Jolie Môme
mailto: courrier@cie-joliemome.org


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