|
RETROSPECTIVE
Bâtiment
K (création)
critique
L'assemblée des femmes (R. Merle)
La Mère (Brecht)
Critique
Mots de spectateurs
photos
Mots
de spectateurs
Merci
; Vous donnez envie de s’engager par ses convictions dans le quotidien.
Vous transmettez vos espoir et énergie. Anne Joelle
Bravo,
merci de cette si belle évocation de la première
révolution prolétarienne du monde. Eh oui, la lutte
continue !
Alexis
Mes
premières expériences de spectacle
théâtrale. Comment ai je pu rester si longtemps sans
théâtre ! Fantastique, inoubliable.
Dorothée
J’ai
vu rouge !
Boris
RETOUR
Vendredi 19/12/97
Théâtre
: La Compagnie Jolie Môme présente "La Mêre" de
B.Brecht à la Cartoucherie de Vincennes.
QU'ELLE
EST
JOLIE, LEUR LUTTE DES CLASSES
Vous
connaissez beaucoup de troupes de théâtre qui font la une
de France-Soir, Libération, L'Humanité, Le Journal du
dimanche et Le Paysan d'Auvergne ?
C'est
le cas
de Jolie Môme. Trois épais volumes de coupures de presse
en
témoignent, Que feuillette goguenard Michel Roger, fondateur de
la troupe.
"Bon
,
évidemment, on ne sait pas toujours que c'est nous au
milieu des manifestants." On voit une comédienne brandissant un
drapeau rouge, un accordéoniste qui a bien l'air de donner de
l'Internationale, un rang de gars foulard rouge autour du cou.
C'est
Jolie
Môme au travail, dans les manifs de A.C!, de Droits Devant!!, des
Sans-Papiers ou de la rue du Dragon. Cette semaine pourtant, ces
bateleurs de la rue sociale sont à l'abri dans le
théâtre de l'Epée de Bois, sis à la
Cartoucherie de Vincennes. Pour trois jours de représentation de
la Mère de B.Brecht.
Retour de négociations
Sur
le
plateau, tout de bois revêtu, les comédiens, en mitaine et
cache-nez de laine, répètent une scène classique :
le retour de négociations d'un délégué
syndical (on veut réduire leurs salaires). En substance:
"Camarades, nous avons fait un grand pas ..."/"On a notre
Kopeck?"/"Non,
mais..." Le décor est minimaliste, quelques caisses de
bois, un rideau blanc.
Dans
un coin,
la mère, Pélagie Vlassova, figure mythique de la
révolution Russe à la guérillera des Indiens
du Chiapas. Son plaidoyer revient pourtant de loin : pour
nous, le communisme est bon..., proclame t'elle en fixant les
sièges encore vides du théâtre. "Avant même
la
parution du Livre noir du communisme, explique Michel Roger, nous
nous doutions bien que l'anniversaire de la révolution
bolchévique serait escamoté. Pour nous, même s'il y
a eu des trahisons, la révolution n'est pas a renier. Ce texte
de
Brecht a été écrit en 1932 à la
montée du nazisme, il est toujours d'actualité, comme la
lutte de classe."
Centres d'hébergement.
Née
en
1983 du désir de Michel Roger, Jolie Môme (en hommage
à Ferré) s'est d'emblée présenté
comme un «théâtre de lutte».
Au
lieu de
chercher une scène, ils ont contacté en 1984 les centres
d'hébergement de ce qu'on appelait alors «les nouveaux
pauvres» pour y travailler. "Dix ans de théâtre dans
le bois de Vincennes, et on ne voit plus le social", raconte Michel
Roger qui fut comédien
de
l'Epée de Bois à partir de 1973. Ils s'installeront donc
quatre ans durant dans un centre de Gennevilliers, dans la banlieue
parisienne. Leur propre «social» les a rattrapés en
1992, avec la première lutte importante des intermittents du
spectacle, pour le maintien de leur statut de protection sociale.
«Nous jouions dans la rue quand nous avons appris que
l'Odéon était occupé. Nous y sommes allés
en
costumes, avec notre accordéon. On a fait un tabac et là,
nous avons repris conscience de notre place d'artistes, du rôle
des syndicats.»
Engagements.
Désormais,
ils fonctionnent surtout dans la
rue,
y
trimballant un même spectacle «évolutif»
mi-théâtre mi-chansons, avec une sorte de
«mère» de Brecht, une femme de 80 ans qui raconte
ses
luttes, du Front populaire à aujourd'hui. Au gré des
engagements. Il y a quelques mois, ils étaient d'une
"euromanifestation" aux Pays-Bas, avec les ouvriers d'une usine
auvergnate. Cet été, ils ont monté
l'Assemblée des femmes de Robert Merle dans le village de
Saint-Amand-Roche-Savine (500 habitants), aussi connu pour son festival
rock, où le maire communiste les a accueillis en
résidence
pour deux mois. «C'était plein tous les soirs. Nous y
avons même créé une Association Jolie Môme,
avec les paysans du coin.» La petite troupe d'une dizaine de
comédiens vit chichement de son art, évidemment.
«Nous préférerions être subventionnés,
mais ça ne va sans doute pas avec nos valeurs. Alors, on joue
comme beaucoup sur l'intermittenœ. Avec 43 cachets par an, on s'en
sort. Notre seule ambition est de revisiter la culture de
gauche».
ANNICK
PEIGNE-GIULY
RETOUR
Amicale
des
Déportés
d'Auschwitz
Aimablement
invités par la jeune com-
pagnie "Jolie
Môme), nous avons
assisté
à une création théâtrale dont le titre est
"Bâtiment K)), titre si tristement évocateur pour nous.
Cette pièce nous présente une série de textes
tirés du témoignage de Fania Fénelon,
déportée à Birkenau, et illustrée par les
comédiens. .
Partant des
années 36 porteuses d'espé-
rance de
société 'nouvelle, passant par la
guerre,
l'occupation et son cortège, l'abomination de la
Déportation, elle finit par la Libération, avec ses
instants de bonheur. Ce qui est très intéressant, c'est
la
présence d'un "meneur de jeu", en la personne de Christian,
militant politique et syndicaliste qui analyse, faisant les transitions
entre les tableaux, les prétextes de son non-engagement dans la
Résistance.
Nous assistons
donc à un contraste sai-
sissant entre un
non-résistant, personnage un peu falot, bien qu'engagé
politiquement, et le sort tragique des déportés, luttant
à leur manière pour conserver la vie. Avec, de plus, une
évocation douloureuse de la mort de Mala, cette jeune Belge
abattue au
camp. Quelques
scènes fortes sont scan-
dées
pesamment par des battements de
grosse caisse,
évoquant la brutalité des
kapos, et le
spectacle entier est rythmé par une pulsation d'accordéon.
Cette jeune et
sympathique compagnie,
habituée
des spectacles de rues et pleine
d'idées
généreuses, mérite nos applaudis-
sements. Les
comédiens présentent leurs
spectacles, et
celui-ci en particulier, dans
les lycées
et collèges, ce qui entre tout à
fait dans notre
optique de transmission de la mémoire et d'hommage à nos
morts.
Qu'ils en soient
remerciés de tout coeur. Le metteur en scène, prenant le
parti d'employer peu de moyens scéniques, peu de jeux
d'éclairages, peu ou pas de décor, pas d'effets
théâtraux, donc partant d'une sobriété
exemplaire, nous fait vibrer grâce aux comédiens qui ont
su
faire admirablement passer leurs émotions.
Et c'est bien cela
la vraie magie du
théâtre,
cette puissance évocatrice qui
nous touche
profondément. .
Suzanne LANDAU
RETOUR
|