Festival
de Gand
(extrait
de "Solidaire" hebdo du PTB 07/08/96)
Le
groupe de théâtre français "Jolie
Môme", ouvre le sketch en chantant l'Internationale.
Après
une heure, un groupe de policiers avec des
combinaisons blanches arrive au pas de marche.
Leur
mission est claire : balayer les communistes de la rue.
Brutalement,
ils se jettent sur les lois-cadres.
Le
drapeau de Jolie Môme est déchiré.
Celui
qui résiste reçoit des coups.
Les
personnes présentes sont furieuses. Une femme
éclate en larmes à la vue de tant de violence.
Un
jeune homme qui proteste est lui aussi trainé dans
le "Combi".
Mais
le moral est au beau fixe.
Dans
la cellule du commissariat, nous chantons avec ceux de
Jolie Môme.
Ils
sont les premiers à être
libérés.
Le
groupe doit se produire à 23 heures dans le
chapiteau des miroirs. Nos camarades qui n'avaient pas
été arrêtés y attendent le public avec un
nouveau tract et une pétition. Lorsque tous les militants sont
libérés, Jolie Môme consacre une chanson à
notre parti...
Nous
brandissons notre drapeau rouge...
CRIS
ET VOCIFERATIONS
Un
dimanche après-midi à Montmartre, les
touristes se pressent dans les rues étroites aux abords de la
place du tertre. Aux milieu d'eux, fendant la foule, nous cherchons un
endroit pour chanter. Justement, face à un restaurant, le
trottoir s'élargit et semble constituer un recoin propice. Nous
nous regroupons et rassemblons notre matériel. Michel saisit
l'accordéon. Il n'aura pas le temps de s'en servir : des
policiers surgissent sur le théâtre des opérations.
Il n'est pas possible de chanter ici, c'est pas pour les artistes. Nous
nous étonnons de tant de sévérité. Mais
nous n'avons pas le choix: "Moi, dès que je vois un artiste,
j'interviens." nous explique un agent. Nous nous indignons qu'on s'en
prenne ainsi aux plus faibles. Un policier assène:
"T'arrête tout de suite ou j'te mets un P.V pour cris et
vociférations sur la voie publique." Mais, on dit encore une
phrase et le P.V promis tombe.
Paris,
mars 2000
Une rue piétonnière
près de Denfert-Rochereau
Environ 18 heures
Un policier pas mélomane
du tout:
" Dites aux musiciens
d'arrêter de jouer tout de suite. Surtout à lui,
là",me dit il en désignant Sigorski, notre
accordéoniste, donc un peu mélomane quand même, le
policier.
Potemkine ( c'est moi, le
béret marin avec écrit dessus marine internationale):
" Ah non! je ne lui dis pas, moi,
ça ne se fait pas d'interrompre une chanson en plein milieu."
Le policier pas mélomane
du tout mais un peu quand même qui commence à
s'énerver:
" Ecoutez, moi quand je donne un
ordre, on doit m'obéir."
Potemkine:
" Ah oui."
Le policier pas mélomane
du tout mais un peu quand même qui commence à
s'énerver et à très mal gérer la situation:
" Alors vous y allez."
Potemkine ( charmeuse):
" C'est un ordre ?"
Le policier pas mélomane
du tout mais un peu quand même qui commence à
s'énerver et à très mal gérer la situation
et à subodorer l'insubordination:
" oui."
Bibi (moi, le béret, c'est
pour éviter les répétitions):
" Mais allez y vous, ce sera
mieux...
Non, ce n'est pas un ordre, vous
pensez!"
Le policier pas mélomane
du tout mais un peu quand même qui commence à
s'énerver et à très mal gérer la situation
et à subodorer l'insubordination, bref appelons-le "le
méchant" pour résumer, s'approche discrètement de
Sigorski et lui sussure à l'oreille d'arrêter tout de
suite, enfin je suppose...
Là, toute la troupe
obtempère. Normal, c'était un ordre. Le public ( une
centaine de personnes) abasourdi, hue la police.
Maman ( celle qui joue maman avec
la robe à cerises) tente d'expliquer que la police nous demande
d'arrêter à la suite d'une plainte de riverains, que la
police n'y est pour rien. Brouhaha, brouhaha (le public est
choqué par ce coït interrompu) :
" N'avez pas autre chose à
faire."
" C'est honteux."
" Laissez les finir."
" On ne partira pas."
" C'est un scandale."
" Ca fait partie de la vie de
Paris."
Et.
La petite ( celle qui n'est,
comme son nom l'indique, pas très grande),
grognon: " C'est malin, si vous
aviez attendu la fin de la chanson, il n'y aurait pas eu de
problèmes."
Gagarine (la robe en vichy
rouge), ingénue:
" C'est vrai, c'est frustrant
pour le public de le priver de la fin d'une chanson."
Le méchant, rouge (de
colère, pas politiquement): " Ecoutez, ça suffit
maintenant, vous partez d'ici."
Gagarine:
" Mais on ne chante plus
là, on ne fait rien, on est comme des passants qui passent, on a
le droit non ?"
Le méchant très
rouge ( mais toujours pas politiquement):
" A partir de trois personnes,
c'est un attroupement et l'on peut faire
disperser ou vous embarquer. Et
puis, zut, j'appelle du renfort."
Gagarine:
" Ca fait un gros attroupement
là, il va falloir beaucoup de panier à salade, tiens les
voilà."
Le public, goguenard:
" Pour ça vous allez vite,
c'est pas comme quand on a besoin de vous."
Le chef des renforts, une bonne
vingtaine d'hommes, trois ou quatre cars, gyrophares...:
" qu'est-ce qui se passe ici ?"
Le méchant:
" Ces personnes chantent dans la
rue."
Le chef des renforts ou le gentil
(vous allez tout de suite comprendre):
" Et alors ? moi, j'aime le
théâtre, le spectacle. Y a pas de mal à ça!"
Un autre policier, méchant
et peu photogénique sans doute, donc le méchant pas
photogénique, veut confisquer l'appareil photo d'une jeune femme
qui, n'en croyant pas ses yeux, fixe l'évènement sur sa
péllicule.
Le public exaspéré
en vient presque aux mains. Grand seigneur, notre Sigorski et notre
Pierrot ( celui qui a un chapeau haut de forme avec une étoile
rouge dessus et qui joue de plein d'instruments) suggèrent au
méchant pas photogénique d'interdire l'utilisation
publique de ces clichés mais de ne pas casser l'appareil (c'est
idiot). Le gentil acquiesce et propose (ou ordonne?) d'en finir
là.
Le "spectacle" doit être
bon et d'une centaine de spectateurs, nous sommes passés
à plus de deux cents personnes. Côté public, on
râle, on peste, on s'insurge. On achète nos C.D, on met
des sous dans notre caisse, on s'informe de nos prochains spectacles en
salle. Toute les marques de soutient et de solidarité nous sont
témoignées. Unanimement les pratiques policières
sont condamnées. Et pourtant, ce genre d'anecdotes nous arrive de
plus en plus fréquemment
ainsi qu'à nos camarades des divers groupes de
rues.
A
l'heure des grandes
déclarations sur le renouveau de la bonne santé du
spectacle de rue, celui-ci, s'il
n'est pas officiel et cantonné à des lieux
"clos", est en voie d'être
tout simplement interdit.
Il y
a urgence à rappeler que 35000 enfants meurent de faim chaque
jour dans le monde. Cette horreur, une fois rappelée, n'excuse
en rien les attentats contre des civils, principales victimes des
guerres actuelles, mais incite au contraire à refuser d'entrer
dans leur logique.
Il y a
urgence à faire cesser les bombardements sur un peuple qui
aspire
à vivre après des années de guerre et d'oppression
religieuse.
Il y a
urgence à rappeler que loin des impérialismes
capitalistes
ou théocratiques, nous devons construire un autre monde.
Il y a
urgence à produire un moment de débat et de
création quand la guerre ou un attentat risque à tout
instant de faire taire les voix dissonantes. Les actuels espaces de
liberté et de critique sont, on le sait, rapidement à la
merci d'une logique de guerre et d'un plan vigipirate.
Il y a
urgence à nous retrouver pour aborder ces thèmes,
réfléchir ensemble et rire un peu.
Il y
avait donc urgence à créer un cabaret d'urgence, ce que
nous ferons en votre compagnie le dimanche 28 octobre au
théâtre de l'Epée de Bois à la Cartoucherie.
Retrouvez-
nous dès 15 heures pour des interventions musicales, des prises
de paroles et des scènes de théâtre autour de cette
actualité.
Participation
aux frais : 30 francs.
De
15 heures à 21 heures
alternance de séquences de plus ou moins 40 minutes durant
lesquelles les prises de paroles feront partie du spectacle, puis de
pauses de 20 minutes qui permettront au public de se retrouver pour
débattre ou rencontrer les associations et organisations
invitées à tenir un stand.
Les prises de paroles sont
volontairement limitées à une dizaine de minutes.
15
heures-Tout allait bien ! -
intervention de la compagnie Jolie
Môme
la presse et « l’apocalypse
» par Serge Halimi
intervention de la compagnie Jolie
Môme
Le che que j’aime par le
théâtre Aleph
16
heures - Humanisme et démocratie…-
intervention de la compagnie Jolie
Môme
extrait de La soufrière
par la troupe de l’Epée de Bois
Terrorisme et terrorisme d’état par
Jean Bricmont
Intervention de Léon
Schwartzenberg
17
heures - La guerre -
intervention de la compagnie Jolie
Môme
Les enjeux stratégiques et
économiques par Michel Collon
Un peu de recul par Aline Pailler
Intervention de Christian Paccoud
(auteur – compositeur – interprète )
Intervention de Paul Markidès
(ARAC)
intervention de la compagnie Jolie
Môme
prise de paroles par Jeannette Abel
(universitaire journaliste Monde diplo )
18
heures - La sécurité -
intervention de la compagnie Jolie
Môme
Vigipirate et les sans-papiers par
André Moquet
Restriction des libertés
publiques et fichage en temps de guerre
par Evelyne Sire-Marin (syndicat
de la magistrature)
intervention du groupe Sabayo
prise de paroles par Mogniss
Abdalah (MIB)
intervention du Front Musical
d’Intervention
19
heures - Pendant la guerre la lutte continue -
intervention de la compagnie Jolie
Môme
intervention de travailleurs en lutte
Intervention de Christian Paccoud
(auteur – compositeur – interprète )
Intervention du collectif Faut
Réagir
intervention de la compagnie Jolie
Môme
entre
les séquences, buffet, tables de presse
et
débats ouverts dans le hall d’accueil
11 sept
2001
Aujourd'hui
aussi, 35615 enfants sont morts de faim.
victimes
:35615 (FAO)
lieu : pays
pauvres de la planète
édition
spéciales des JT : zéro
articles de
presse : zéro
méssage
du président de la république : zéro
convocation
d'unité de crise : zéro
manifestations
de solidarité : zéro
minutes de
silence : zéro
commémoration
des victimes : zéro
messages du
pape : zéro
les bourses
: pas mal
l'euro : en
reprise
niveau
d'alerte : zéro
mobilisation
de l'armée : aucune
hypothèse
sur l'identité des criminels : aucune
probable
mandants du crime : pays riches
sources :
extrait de "Attention, Médias" (Michel
Collon), édition EPO
ENFANTS DE TROUPE
La compagnie Jolie Môme a organisé un " Cabaret d'urgence " afin de mobiliser pour la paix. Un joyeux succès.
"Le
théâtre est un bon moyen de dire les choses, sans se faire
arrêter tout de suite": ce propos d'une jeune comédienne
de
la troupe Jolie Môme dit bien le rôle que les artistes
s'attribuent. En plein Vigipirate, dans un climat de surenchère
sécuritariste sur fond de bombardements, ces gens de
théâtre et de chant révolutionnaire ont
réalisé un Cabaret d'urgence à la Cartoucherie de
Vincennes. Un geste d'intervention citoyenne, mi-jouée,
mi-chantée, où les comédiens ont su attirer
intellectuels, politiques, militants et un public jeune et chaleureux,
forte illustration de cette mobilisation pour la paix.
Dans
un décor simple faisant penser à un entrepôt ou
à une barricade, des jeunes comédiennes brunes
vétues de combinaisons de travail blanches, savamment
dépareillées par des Keffiehs, des bandes
molletières ou des foulard rouges, font irruption
derrière un drapeau - rouge lui aussi -, mi-troupe
d'insurgés, mi-service de secours théâtral pour
public en danger. Le choeur d'interposition égrène les
noms de dizaines de pays victimes d'interventions militaires des
Etats-Unis. Dans un coin, une petite formation musicale assure le
swing. Un bourgeois en costume, sur le devant de la scène, tient
des propos incroyables mais vrais, verbatim de Bush, de ses
conseillers, parfois de prédicateurs fanatiques. Leur
succède un accordéoniste ou un représentant du
syndicat de la magistrature; suit une séquence vidéo
désopilante dans laquelle les images de Robert Hue
côtoient des extraits de Rambo en Afghanistan...
Le
cabaret remporte un tel succès que le théâtre de
l'épée de bois refuse du monde. les artistes, eux
s'approprient l'actualité, composent, répètent
dans l'urgence. Si les interventions tripales de l'accordéoniste
accompagnent naturellement les respirations de l'âme humaine, le
soufflet de l'instument populaire invite à l'engagement.
D'autres habitués du théâtre social, politiques,
journalistes et magistrats, etc.,happés par l'irruption des
comédiens dans "leur" sphère, se laissent convaincre
d'aller sur les planches. Certains y ont pris des risques: la descente
des marches, jupe fendue, par une ex-députée
européenne, Aline Paillet, suivie de sa déclamation
d'extraits d'Olympe de Gouges et de Jaurès, était une
irruption théâtrale forcément politique. " C'est ma
nature! déclarait fièrement l'Esméralda d'un soir,
rester vivant, voilà l'enjeu." Plus discret, un intellectuel de
renom, qui a pris une part importante du travail en coulisses, se
félicite du résultat : "Les artistes sont plus
éfficaces que les ouvrages sèrieux ou des colloques que
nous aurions pu monter. Ils avaient des idées auxquelles je
n'avais pas pensé. Je me demande parfois si ce ne sont pas eux
qui sont en avance..."
On
reproche parfois à la troupe un côté "
théâtre officiel de la chine populaire à l'usage de
la rue Mouffetard".
Certes,
mais le kitsch de Jolie Môme, qui s'appuie sur des valeurs de rue
et une réthorique marxiste sûre et dure, c'est aussi son
audace : " il faut avoir un réflexe de solidarité
prolétarienne. Quel autre mot que "prolétaire" pour dire
que je me sens proche des ouvriers des ascenseurs de Calcutta qui ont
été torturés par la police avec l'aide de leur
patron, pour avoir fait grêve ?", tranche Michel, l'animateur de
la troupe. Dans ce bouillonnement et sa
générosité, Jolie Môme s'est un peu
oubliée..."on a même pas pensé à faire
savoir que nous jouions Barricade et La Crosse en l'air en novembre
ici...", s'inquiète soudain Michel quand les derniers
invités se sont retirés. Mais ils n'ont pas oublié
de parler de la lutte des intermittents, car, bien sûr, Jolie
Môme n'est pas subventionnée par le ministère de la
culture, elle vit de la rue et les comédiens ont un statut
menacé. Urgence partout !
David
Langlois-Mallet.
PREMIERE FOIS
A BORDEAUX
C'est
arrivé près de Bordeaux,
le chapiteau
Jolie Môme, la Crosse en l'air et le cabaret d'urgence.
Plus
précisément c'est à Gradignan, sur le centre de
loisirs de la caisse des dépôts et consignations que nous
avons été accueilli par des comités d'entreprise
qui se sont coordonnés pour organiser notre venue.
Bonjour!
J'ai
recu un message d'un ami qui habite a paris, avec votre website dedans.
Pardonnez-moi, mais mon francais n'est pas tres bon, actuellment,
ecrit,
c'est horrible. J'habite a Charleston, caroline du sud, aux etats unis.
Ceci est un endroit mondo conservatif, super perdu dans une ignorance
de
consumption et media selectif. Elle est tellement besoin d'un
revolution! Donc depuis la derniere annee, je m'habille dans des
vetements "sans-culottes" (18eme siecle revolutionaire francaise) et je
va dans la rue et je recite de la poesie et des monologues classiques,
pour la peuple. Peu a peu, le monde arretes et ecoute, avec de caution,
avec du distance, et ils reste la, sur la rue, m'ecouter, sans ecran ni
remote. Les jeune demand a leur parents d'avoir une piece pour lancer
dans ma panier, pour acheter une autre poeme. Une poeme! Les jeune
americains, brainwashed avec TV, sont transformer pour un instant. Ils
ont de la patience, ils ecoute avec enthusiasme et ils me donne de
l'espoire pour la generation du future. Meme leurs parent devient moins
skeptique, moins uptight, moins peur. L'experience de faire un petit
action qui illumine, pour un instant, un attention, un interest dans la
tradition orale perdu dans ce culture, dans ce temps techno moderne,
c'est la plus joyeux chose. La monde est besoins de beaucoup plus de
voix quasi-nostalgique et revolutionaire, pour restorer l'humanite dans
la culture. La raison que je voulait vous dire tous ca, c'est
simplement parce qu'ont fait la meme travaille et c'est une affirmation
savoir que vous etes la aussi, sur la rue a l'autre bord de la mer,
chanter les chansons et presenter des spectacle qui demande que la
monde pense pour un moment, arrete leur promenade, et ecoute. Vive la
Revolution! J'enleve mon chapeau en salutation et vous souhaite de
bonnes travaille! Merci!