Femmes de Jolie Môme : Ne nous sauvez pas, on s’en charge !

Ne nous sauvez pas, on s’en charge !

Face aux attaques contre notre troupe, nous, les femmes de Jolie Môme, avons décidé de répondre.

Comment ça ? Nous subirions des violences sexistes et sexuelles de la part des hommes qui nous entourent sans même nous en rendre compte, tant la douce emprise manipulatrice de nos agresseurs serait vicieuse et pernicieuse au quotidien ? Autrement dit, elles sont pas finaudes les jolies mômes… Enfin c’est ainsi que l’ensemble des ensorcelées de la troupe le ressent.

Mettons les choses au clair.

En 36 ans d’existence, la Compagnie Jolie Môme a toujours mis en valeur, dans ses spectacles comme dans ses chansons, les personnages de femmes combatives et déterminées. Elle n’a jamais cessé de rendre hommage aux femmes qui l’inspirent : celles qui se sont battues pour leurs droits, pour leur émancipation et pour un monde meilleur, main dans la main avec les hommes ; précisément, pour qu’on n’oublie pas ces héroïnes qui sont trop souvent reléguées dans les poubelles de l’Histoire.

En 36 ans d’existence, la Compagnie Jolie Môme a toujours mis en valeur ses comédiennes et ses comédiens. Oui, nous aimons parfois porter des décolletés plongeant et des jupes ras-l’bonbon. Cela n’est pas dégradant et ne nous aliène en rien, à la ville comme à la scène ! Les féministes ne se battent-elles pas justement pour la liberté des femmes à disposer de leur corps, de leurs fesses et à s’habiller comme elles veulent ?

Nous sommes comédiennes, nous avons le goût du travestissement. Ça nous amuse de jouer des belles, des moches, des grosses, des vieilles, des monstres et même des hommes dis-donc.

Nous savons que nous avons beaucoup de chance. Celle de pouvoir exercer le métier que nous aimons. Celle de le pratiquer au sein d’une troupe que nous avons choisie et qui nous a choisies. Celle de ne pas devoir nous vendre à n’importe qui pour faire n’importe quoi. Celle de pouvoir quitter la troupe quand on veut.

Oui, nous travaillons avec des hommes, ce sont nos camarades. Nos camarades de travail, de vie, de lutte. Nous ne supportons pas et ne pouvons pas tolérer davantage qu’ils soient attaqués anonymement sur les réseaux sociaux par des accusations sans fondement d’une extrême gravité, que leurs noms soient salis et que ça leur pourrisse la vie.

Et pour ce qui est de nos relations au sein de la troupe, ne vous inquiétez pas pour nous, nous sommes assez grandes et éclairées pour nous faire entendre nous-mêmes de nos camarades « mascus » et nous considérons que celles et ceux qui imaginent le contraire font preuve d’un profond mépris à notre égard. Vous vouliez parler en notre nom ? Vous avez tout faux !

Vos méthodes immondes desservent le combat sérieux et important contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes. Et faire du gringue au féminisme bourgeois de la guerre des genres comme vous le faites divise les militantes et les militants qui se battent contre le capitalisme et pour plus de justice sociale.

Maintenant ça suffit !

Signataires :
Louise (dans la troupe depuis 2018), Pascale (depuis 1984), Lou (2017), Sylvie (1991), Flô (2015), Marie-Sophie (de 1993 à 1995 et depuis 2008), Marie (2014), Sofia (Travaille avec la troupe depuis 2017), Chloé (Travaille avec la troupe depuis 2018), Sélya (Service civique 2018-2019).

Et aussi Lorène (1995-2016), Cécile (1998-2008 et 2011-2018), Valérie (1986-1991, depuis travaille de temps en temps avec la troupe), Lucile (2002-2004), Jennifer (2009-2011), Myriam (1991-1996), Nathalie (1998-2003), Maryline (1ère régisseuse générale de l’histoire de la Compagnie de 1986 à 1996) et Cécile (Régisseuse générale de 2001 à 2003).

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