23/11/2018 – Dans le monde des sciences, les cubaines ouvrent la voie !

Source : Traduit de : Revolutionnary Communist Group – Cuban women lead the way in science – Cassandra Howarth

Depuis la révolution cubaine de 1959, le statut et la qualité de vie des femmes cubaines se sont considérablement améliorés. Elles représentent aujourd’hui près de 60 % de tous les professionnels et plus de la moitié des scientifiques. Les femmes sont également de plus en plus représentées au sein du gouvernement et dans le parlement, 53.2 % des membres sont des femmes. Les Ministres de l’éducation, des finances et de la tarification, du commerce intérieur, de l’industrie alimentaire, du travail et de la sécurité sociale, de la science, de la technologie et de l’environnement, ainsi que le Ministre et le Président de la Banque Centrale de Cuba sont aussi toutes des femmes. Les chefs de L’Agence Nationale pour l’environnement et huit des 15 provinces de Cuba sont dirigées par des femmes.

On est loin du statut des femmes dans le Cuba pré-révolutionnaire. Selon le recensement national 1953 : 87 522 femmes travaillaient comme domestiques, 77 500 femmes travaillaient sans rémunération pour des membres de leur famille et 21 000 étaient au chômage, sur une population de 1 742 377 femmes âgées entre 15 et 59 ans. Le chômage est une caractéristique structurelle de l’économie cubaine de l’époque, en particulier chez les femmes. On estime que 83% des femmes employées à Cuba travaillaient moins de dix semaines chaque année, et seulement 14% travaillaient toute l’année.

Équipe scientifique cubaine lors d’une mission internationale au Kenya.

En 2018, les femmes constituent non seulement la majorité des actifs, mais elles occupent également les deux tiers des postes du secteur de la science et de la technologie à Cuba, ce qui représente l’un des pourcentages les plus élevés au monde, contre environ 25% en Europe. En Grande-Bretagne, il est encore plus bas, les femmes ne constituant que 23% de toutes les personnes travaillant dans les secteurs des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques réunis. Les femmes représentent également près de 30% des membres de l’Académie Cubaine des Sciences, contre 10% à l’Académie Nationale des Sciences des États-Unis. Les femmes à Cuba constituent même 50% de ceux qui travaillent dans l’ingénierie, un domaine qui, historiquement, était exclusivement masculin. En Grande-Bretagne, en 2017, le chiffre était de seulement de 11%.

Mais dans les secteurs de la science et de la technologie, les femmes ne font pas que travailler, elles montrent la voie. L’équipe de recherche clinique qui a mis au point le CIMAvax-EGF – le premier vaccin d’immunothérapie au monde pour les stades 3 et 4 du cancer du poumon – a été dirigée par Tania Crombet MD PhD, directrice de la recherche clinique au centre d’immunologie moléculaire. Autre première mondiale, un vaccin efficace contre la méningite B – le VA-MENGOC-BC – a été créé par une équipe dans les années 1980 dirigée par Conchita Campa la Présidente et Directrice Générale de l’Institut Finlay. Les deux co-fondateurs du Centre de Coordination des Essais Cliniques de Cuba, et le fondateur du Centre National pour la Santé des Animaux Agricoles, sont des femmes.

Lilliam Alvarez Diaz, Secrétaire Exécutif de l’Académie Cubaine des sciences, attribue les réalisations de Cuba aux «principes de l’inclusion sociale et de l’équité entre les sexes établis pendant et après la révolution cubaine» (Académie Mondiale des Sciences 4 novembre 2011). Interviewée pour MEDICC Review (juillet 2018) Marta Nuñez MS PhD, professeure de sociologie à l’Université de la Havane, dit que l’égalité des sexes « a commencé en 1961 avec la campagne d’alphabétisation et la politique subséquente déclarant tous les niveaux d’éducation universelle et libre » qui « a donné aux femmes et aux filles la possibilité de poursuivre des objectifs professionnels et ceci indépendamment de leur lieu de vie ou de leurs possibilités financières. »

Photo Luis Felipe Rojas

Elle cite également les soins de santé universels, qui a mis en place «des examens prénataux, plus de deux douzaines de consultations maternelles et infantiles pendant la première année de la vie du bébé, une planification familiale efficace et l’avortement sûr et accessible» et tout cela gratuitement. La réussite des femmes cubaines est également due à un réseau national d’écoles maternelles, établie en 1961; elles peuvent laisser leurs enfants dans des crèches éducatives de haute qualité à très faible coût. La politique nationale de salaire égal pour travail égal de Cuba contribue aussi à soutenir le progrès des femmes (voir IFF 259).

Néanmoins, les femmes à Cuba sont encore confrontées à de nombreux problèmes, principalement liés au manque de ressources financières et matérielles, qui reflètent la situation plus large du blocus américain. Elle subisse aussi la division genrée traditionnelle des rôles et un certain «machisme» qui prévalent toujours sur l’île. Tandis que le socialisme fournit l’environnement pour l’égalité, les vues sexistes persistent chez les individus. Les femmes cubaines portent encore souvent le double fardeau de l’emploi rémunéré et du travail domestique. Cependant, contrairement au capitalisme, la révolution s’engage absolument à combattre et à éliminer le sexisme sous toutes ses formes.

Ce qui est vital, comme le montre Nuñez, c’est l’infrastructure sociale créée par le socialisme qui permet aux femmes de réaliser leur potentiel intellectuel et social et de veiller à ce que les femmes soient soutenues pour pouvoir participer sur un pied d’égalité aux hommes. C’est simple : une fois que l’oppression institutionnalisée des femmes, qui est cruciale au capitalisme, est remplacée par le socialisme, les femmes peuvent prospérer.

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