15/12/2016 – Meeting à La Belle Étoile. Une réussite qui en appelle d’autres…pour qu’en 2017 on contre-attaque !

Source Révolution Permanente – Mar Martin – 15/12/2016

Ce jeudi 15 décembre au soir, le théâtre de La Belle Étoile, à Saint-Denis, mettait en scène les acteurs bien réels de la combativité. Entre les caisses en bois et le drapeau rouge bien typiques de la Compagnie Jolie Môme, les projecteurs ont éclairé plus d’un secteur en lutte.

Ci-dessous les photos de l’événement par InfoCom’CGT

C’est Amel Dahmani qui ouvre le bal, syndicaliste de Solidaires Communaux à Saint-Denis. 10 journées de tournées, 3 jours de grève : c’est tout ce qu’il aura fallu aux 500 employés municipaux de Saint-Denis et leurs nombreux soutiens pour faire plier la Mairie et maintenir tous les congés qui étaient menacés.
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Et tandis que les applaudissements continuent de se faire entendre, ce sont des intermittents, mobilisés et interpellés durant la lutte contre la loi travail qui ont pris place sur la scène. A l’instar de bien d’autres, ils racontent comment lors d’une action au Medef, ils ont été arrêtés ou convoqués par la suite, à gros renfort de mensonges, dégradations ou violences, au choix, pour remplir leur dossier. Des « délinquants » assumés, pour lesquels l’Etat n’a pas hésité à sortir le grand jeu de convois et motos de policiers pour les escorter jusqu’à leur cellule. Alors même que comme dira l’un d’eux, « c’est le Medef qui dégrade tout depuis des années, pas nous ». Loïc, de la compagnie Jolie Môme, qui avait été mis en garde-à-vue le jour-même et poursuivi en justice par le MEDEF, rappelait à quel point son procès était politique, les faits lui étant reprochés étant inventés de toutes pièces. C’est bien grâce à la campagne de soutien qui continue de se mener à son égard que son procès, prévu le 8 décembre, a été reporté au 11 septembre 2017. Il s’est également exprimé sur l’un des thèmes de la soirée : « Il y a une espère de couloir électoral dans lequel on voudrait qu’on s’enfonce. Mais on sait que ce couloir ressemble fortement à une impasse, alors il va falloir trouver les portes sur les côtés pour qu’on arrive à créer autre chose, qu’on recommence enfin à parler de vraie politique ».
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Gildo, militant de la CGT 93, fait lui aussi partie des réprimés du mouvement contre la loi travail, « interpellé du 49.3 » dans la nasse devant l’assemblée nationale le 5 juillet et qui passera en procès en janvier :
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David Pijoan, du collectif Touche pas à ma ZEP, vient raconter comment face à la volonté de Najat Vallaud-Belkacem de liquider l’enseignement prioritaire, des enseignants de 92 lycées différents de toute la France se sont mis en réseau pour. Et c’est bien l’intérêt des lycéens qui les préoccupent, notamment quand le matin même, des élèves du lycée Maurice Utrillo à Stains étaient violemment répriméslors du blocage de leur lycée, réagissant ainsi à l’expulsion du Musée d’Orsay de leurs camarades lors d’une visite scolaire.
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Au tour des « habitants du 168 », expulsés de leur logement du 168 avenue du président Wilson, à Saint-Denis, fin août, et laissés à la rue depuis. La situation est terrible pour ceux dont les affaires ont été emmurées dans le bâtiment. Le froid, la fatigue la maladie, c’est tout cela que la Mairie de Saint-Denis se refuse à prendre à charge, fermant les yeux sur le harcèlement policier auquel doivent faire face les habitants.
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Un exemple qui incarne la bataille acharnée de Marie Huiban, militante du Droit au Logement, qui se bat aux côtés des habitants du 168 comme de plein d’autres. Le calendrier est bien rempli : rdv ce dimanche à République pour faire la chasse aux logements vide, le 25 décembre pour partager Noël avec tous, le 3 janvier pour une grande manifestation.

Le mal-logement, mais aussi les expulsions et l’acharnement policier, c’est également les préoccupations du collectif de migrants et soutiens La Chapelle Debout. « Traités pire que des criminels », c’est ainsi que le résume le camarade soudanais venu témoigner de la situation : les nuits dehors, les maladies, les rafles des migrants eux-mêmes mais également les mises en procès de leurs soutiens, c’est face à tout cela qu’ils appellent à augmenter la solidarité.

Au tour, ensuite, de Anasse Kazib, délégué Sud Rail de Paris Nord, de se solidariser des interventions précédentes et présenter les attaques qui se poursuivent à la SNCF. Donner un lendemain au 15 septembre et unir les secteurs combatifs, en commençant par la montée à Amiens pour le procès des Goodyear, le 11 janvier prochain, et en se donnant un prochain rendez-vous commun pour converger, voilà une perspective pour préparer la suite.
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Des délinquants, c’est aussi le qualificatif retenu contre les travailleurs de Air France, représentés ce soir par Karine Monségu, syndicaliste CGT et « spécialiste du textile ». La blague fait sourire mais d’un sourire catégorique. Car les 16 inculpés de Air France ont dû affronter un justice de classe déterminée et méprisante, mettant à bas toute illusion : « les patrons sans les salariés sont de pauvres merde ». Mais c’est sans oublier que ce ne sont pas seulement les travailleurs français qui en pâtissent. Et Karine de dénoncer les politiques impérialistes en Syrie, les bombes qui tuent des civils par milliers.
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Cette justice de classe, Clarisse Taron, du syndicat de la magistrature, vient à son tour en témoigner, de l’intérieur, cette fois. Après les interventions précédentes, racontant les répressions injustifiées qui accablent bon nombre de militants, l’inégalité est criante face aux manifestations des flics, cagoulés et en pleine nuit, cautionnées par les médias et le gouvernement. « On est impartial mais on ne peut pas être neutre, on ne peut pas ne pas faire de politique dans une situation comme celle-là. »
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Une déclaration que ne manque pas d’appuyer Guillaume Vadot, enseignant à la Sorbonne victime de violences policières. A la répression des militants, il ajoute celle acharnée qui s’abat sur la famille Traoré, alors que Adama a été tué par la police en juillet dernier, c’est Bagui et Youssouf qui ont incarcérés durant trois semaines et condamnés hier à de la prison, et Assa qui est menacée par la Maire de Beaumont de la porter en procès pour diffamation. Un acharnement particulier dans la dernière période qui voit en face une détermination et une politisation nouvelle dans les quartiers, dans la jeunesse, dans de nombreux secteurs du monde du travail.« Pour 2017 ils ont leur programme, comme l’incarne Fillon, il est temps de définir le nôtre et de se regrouper pour se préparer à le défendre, à partir d’une initiative comme ce soir, dans la suite de Faisons front »
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C’est dans le même sens qu’intervient Romain Altmann, syndiqué à la CGT InfoCom, appelant à converger contre un Fillon à l’offensive. Ceux qui ont été attaqués pour leurs affiches polémiques dénonçant les violences policières lors du mouvement contre la loi travail, n’ont pas manqué pour l’occasion de mettre leur talent à profit d’une campagne d’affiches #OnEnVeutPas contre les candidats hypocrites des présidentielles.
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Laurent Degousée a stupéfait l’assistance en brandissant un code du travail pour en dénoncer le démantèlement : « Je ne suis pas venu seul ! » s’est-il exclamé avant de poursuivre : « La loi Travail, nous, militant-es syndicaux, devons nous familiariser avec elle pour contrecarrer son application car, comme l’a dit Fernand Pelloutier, ’ce qui manque à l’ouvrier, c’est la science de son malheur’. »
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Et dans leur suite, c’est Gaël Quirante, syndiqué de Sud PTT 92, qui appuie la nécessité de regrouper les secteurs combatifs, et d’établir un calendrier de luttes par la base. Pour cela, une date de rencontre ouvrière semblerait concrétiser tous les appels.
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« Le meilleur pour la fin ». Mickaël Wamen, syndicaliste CGT des 8 de Goodyear, est venu chauffer le dernier tour de piste. « En 2017, il faut que ça pète ! » : un seul slogan pour unir tous les travailleurs. Car comme il le résume, « être condamné, c’est être amputé d’une partie de soi-même, ils s’en prennent à nos vies personnelles ». « Le seul crime est de se battre pour une société plus juste ».
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Un combat qui emplissait la salle dès ce soir, et qui continuera notamment le 11 janvier à Amiens pour les Goodyear, et lors d’un prochain rendez-vous de rencontres et discussions entre les secteurs combatifs. Car face au rouleau compresseur que nous promet la bourgeoisie et son programme thatchérien, c’est bel et bien celui des secteurs combatifs, en lien avec tous les collègues, les militants des quartiers, les jeunes scolarisés ou non, qu’il faudra leur opposer. Un meeting qui réchauffe les cœurs hivernaux, mais qui ne peut qu’appeler à approfondir ces initiatives de convergence.

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