Procès – Réaction de la Coordination des Intermittents et Précaires d’Île-de-France – 2008

CFDT, syndicat jaune ?

Publié le 13/01/2008 – lire sur le site : http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=3713

Jeudi 11 décembre 2008 avait lieu une audience du procès intenté par la CFDT, suite à la visite collective de son siège en avril 2005.

JPEG - 2.7 koPetits arrangements entre amis de l’exploitation

Un bulletin de la CFDT du 17 octobre 2007 (« Infos rapides »n° 82) indique qu’en 2005 « une poignée d’individus », réunie chaque semaine au pied du siège de cette organisation, bd de Belleville à Paris, aurait, des mois durant, lancé des « insultes racistes et sexistes », que des adhérents et salariés du syndicat auraient été « blessés, insultés et molestés lors de l’envahissement des locaux le 19 avril 2005 », qu’« une nébuleuse gravitant autour de la coordination des intermittents et précaires d’Ile-de-France » soutiendrait des « actions violentes » à son encontre. Il s’agit d’annoncer à diverses structures de l’organisation, dont les syndicats de l’ASSEDIC , que deux ans après les « faits », la CFDT a porté plainte contre X, que des poursuites judiciaires sont engagées ( 3 juges d’instruction !).

Il est notoire que les interventions collectives auxquelles la coordination a contribué ont rarement été suivies de poursuite. Ces procédures ont d’ailleurs débouché, soit sur des peines symboliques au regard de graves accusations initiales, soit sur des relaxes pures et simples. L’immense majorité des manifestations auxquelles nous avons participé, sur des plateaux télévisés, dans des sociétés de production, des ANPE, à l’Unedic, au Medef, n’a pas entraîné de dépôt de plainte. Avec ces poursuites judiciaires à l’encontre de manifestants, c’est à l’avant-garde de la répression que se situe maintenant la CFDT. Des « violences », des « dégradations », du « vol » qui motivaient initialement la procédure liée à l’occupation du siège de la CFDT ne subsiste qu’une accusation d’« introduction ou maintien dans les locaux de la CFDT 4bd de la Villette Paris 19ème à l’aide de menaces, voies de fait ou contrainte ». Il n’y a pas photo, ces notaires de la restauration néolibérale instrumentalisent la justice. La CFDT poursuit des manifestants hostiles à sa politique au moyen de plaintes aussi disproportionnées qu’imaginaires afin de pénaliser une forme habituelle de l’action revendicative, l’occupation collective de lieux publics et de défendre la mauvaise fiction de sa représentativité. Quelle idée puérile pourtant de croire qu’il suffirait de quelques procès hasardeux pour sauver cette organisation et ce monde de la contestation ?

Oui , la coordination des intermittents et précaires a appelé, avec d’autres, à manifester contre la politique de la CFDT. Pourquoi ? Parce qu’au sein des organismes (Unedic, etc.) qu’elle dirige avec le MEDEF, cette organisation détruit obstinément les droits des salariés, en poste, en formation ou au chômage, que lors de divers conflits sociaux, la CFDT s’est employée avec constance à soutenir des « réformes » gouvernementales. Le mépris « décomplexé » pour les perdants de la CFDT n’est plus à démontrer : depuis plus de 25 ans, la CFDT cultive une ignorance totale et délibérée des travailleurs précaires. Cette organisation s’est révélée la meilleure des confédérations syndicales possibles d’un monde de privatisation généralisée, d’inégalités violentes et d’individualisation forcenée.

La coordination appelle à signer les pétitions suivantes :

- CFDT contre AC ! : le syndicalisme responsable a trouvé ses coupables, en soutien aux militants d’AC ! poursuivis

- Si j’avais su j’y serais allé, concernant l’occupation du siège de la CFDT en 2005

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