Procès – Texte de soutien – Arlette Laguiller – 2010

Texte de soutien d’Arlette Laguillier, lu à l’occasion de « Wanted – Le Procès Spectacle », le 24 mai 2010 à Presles.

Arlette Laguiller M. le Président, je suis indignée que l’on ose poursuivre un artiste aussi généreux qui a créé et continue à animer une troupe aux multiples talents, qui de plus soutient par sa présence nombre de luttes de travailleurs, avec ou sans papiers. Les intermittents n’ont fait que tenter de garantir leurs droits à la survie.
Je pense que des artistes qui nous ont fait vibrer ou rire en montant « la mère » de Gorki, « Crosse en l’air » de Prévert, « faut pas payer  » de Dario Fo, ou « Basta Ya », ne peuvent être malfaisants.
Ils ont eu raison de se défendre face à un syndicat prompte à signer un accord qui ne satisfait pas les intéressés.
Oui je revendique le droit des intermittents à se défendre comme tous les salariés, les précaires et les chômeurs et je vous demande la relaxe pour Michel et Ludovic.
M. le président, je voudrais lire au Tribunal quelques réflexions sur l’art de Léon Trotsky. Il s’agit de citations extraites de son livre « Littérature et révolution » écrit peu de temps avant la deuxième guerre Mondiale.
« L’art qui représente l’élément le plus complexe, le plus sensible et en même temps le plus vulnérable de la culture, souffre tout particulièrement de la désagrégation et de la putréfaction de la société bourgeoise. Il est impossible de trouver une issue à cette impasse par les moyens propres à l’art. L’art ne peut ni sortir de la crise, ni faire bande à part. Il ne peut se sauver tout seul. Il périra inévitablement comme a péri l’art grec, sous les ruines de la société esclavagiste, si la société contemporaine ne réussit pas à se transformer. Ce problème a donc un caractère entièrement révolutionnaire. Par là même, la fonction de l’art à notre époque se définit par sa relation à la révolution. ».
Alors oui, je partage la révolte des artistes de Jolie Môme, il faut la partager et donc il faut maintenir les ressources des intermittents du spectacle. M. le Président je vous demande la relaxe pour les accusés.

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